
Après avoir refusé de réintégrer RTL, Jean-Michel Aphatie rumine sa rage contre la colonisation dans un tweet et un message filmé dans la rue. Les médias seraient complices du silence entourant le sujet.
De toute évidence, le pot de départ a mal tourné. Jean-Michel Aphatie s'en est allé, drapé dans sa dignité de professionnel de la repentance. Revenir sur RTL eût été reconnaître qu'il était allé trop loin. Il ne pardonne pas à cette rédaction de l'avoir désavoué. Devant d'autres micros, il ira dénoncer les multiples méfaits commis par la France. Tranquillement, Jean-Michel a rangé ses outils de travail. Le fouet de l'autoflagellation hebdomadaire, la pince avec laquelle il se torturait pour faire sortir le mal, la perceuse dernier cri (de douleur) qui vous arrache des excuses de premier ordre. Tout est rangé tristement dans la trousse dont ne se sépare jamais le chroniqueur.
Dans la rue, celui qui s'est également auto-licencié remet une couche sur l'inhumanité de la France. Face à son smartphone, Jean-Michel Aphatie apparaît dans un sweat à capuche. Il vient de brûler la voiture d'un auditeur. La rage a envahi le redresseur de torts. Tous les sévices commis par la France, « il faut reconnaître qu'ils ne peuvent pas être exposés dans les médias ».
On nous cache tout. Emmanuel Macron a qualifié la colonisation de « crime contre l'humanité » devant les autorités algériennes. RTL a toujours refusé de l'embaucher. Les médias se sont ligués pour étouffer tout discours de repentance. Il n'en reste plus qu'un pour se livrer à des séances de masochisme national en public. Il s'est viré avec pertes et fracas. Tant pis. Il officiera dans les gares et sur les places de village. Plantages d'aiguille, coups de marteau sur la tête. À votre bon cœur, m'sieurs dames. Initiation à la marche à plat ventre. Stages de trois jours... Jean-Michel va rebondir sur le trampoline de la culpabilisation. Toujours plus haut, toujours plus fort ! Assassinat de Kennedy, tsunami de l'océan Indien en 2004. Encore la France.
Pour l'heure, la vidéo de départ s'éternise en un rabâchage des horreurs perpétrées par qui nous savons : « C'est ça, le problème. Nous avons commis des crimes atroces et nous ne l'avons pas reconnu. » Jean-Michel Aphatie est en boucle. La notion de crime contre l'humanité ne lui suffit plus. Il lui faut du lourd. Un confinement expiatoire, une pandémie de regrets éternels. En attendant qu'un fleuve de larmes traverse Paris, l'ex-pilier de RTL honnit Marine Le Pen et Éric Zemmour, qui vinrent contredire son discours victimaire. Ses derniers mots seront pour la France qu'il aime et dont il ne souhaite pas qu'elle soit « parjure à ses valeurs ». Allons enfants, le jour de honte est arrivé.
Jany Leroy