
Régulièrement, je lis des commentaires sur la colonisation belge ou française : horreurs ! Pillages, soumission totale des peuples…
Curieusement, 60 ans après leur indépendance, les peuples colonisés ont souvent une idée en tête : s’installer dans l’ancien pays colonisateur, pays qui les accueille avec un sentiment de culpabilité que je n’arrive pas à comprendre.
Où trouver la culpabilité de l’Occident colonisateur ? La colonisation existe depuis toujours et est à la base des civilisations. Cette réalité est développée par Jared Diamond (1) et, en lisant le dernier livre de Bernard Lugan, Histoire des Algéries, j’ai fini par comprendre beaucoup de choses. Ainsi, le colonisateur français en Algérie a tenté d’être utile en créant des routes, des écoles, des hôpitaux, en assurant la gratuité et la qualité des services rendus. Il a voulu l’intégration de l’Algérie à la France…
Le colonisateur belge au Congo a aussi voulu faire œuvre de civilisation… en 2025, les routes sont détruites, écoles et soins médicaux sont payants quand ils existent, la corruption règne partout, industrie et agriculture sont au point mort… Seule la population a explosé ! Serait-ce cette explosion, le crime du colonisateur ?
Le Congo compte maintenant 100 millions d’habitants, alors que du temps de Théodore Luyckx, qui a traversé plusieurs fois le Congo à l’époque de Léopold II et ne s’est pas contenté, comme Stanley, de multiplier la nombreuse population près du fleuve, ce pays comptait environ 5 millions d’habitants. Et ne parlons pas de l’Algérie…
Revenons à 2025. Des Congolais qui ont encore connu la colonisation regrettent cette époque bénie. L’Ivoirien instruit, Kakou Ernest Tigori, a écrit un livre à lire par ceux qui veulent savoir (2), ceux qui veulent dignité et progrès pour chaque peuple. Dignité et progrès ne tombent pas du ciel ! Et si l’Occident a lutté pendant des siècles, il se croit maintenant coupable du manque de progrès d’autres peuples, il s’est mis à se haïr au lieu d’être fier de ses réalisations. Actuellement, la gauche radicale prêche l’égalité absolue. La lutte pour le progrès social n’est donc plus d’actualité, mais l’infantilisation des Africains mène à leur totale irresponsabilité. Bien sûr, la gauche n’est pas coupable de tous les maux et je me pose aussi cette question : les dernières colonisations se seraient-elles adressées à des peuples incapables ou, tout simplement, n’ont-elles pas duré assez longtemps ?
Je penche pour la seconde réponse et précise pour le cas du Congo : comment imaginer un changement réel en 50 ans là où les colonisations ont généralement duré plusieurs siècles ? Souvent, elles concernaient des peuples très primitifs… Ajoutons pour l’Algérie – comme me l’a appris Bernard Lugan – que la France a été beaucoup trop compréhensive envers les plus agressifs des Algériens.
Ma conclusion est simple : les derniers colonisateurs ont si bien respecté les colonisés que ceux-ci en ont déduit qu’ils avaient tous les droits et LA question me vient : où est la dignité de ces peuples qui auraient tous les droits et aucun devoir envers eux-mêmes ?
Mia Vossen