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Une exposition pro-Hamas au musée de la Bataille de Normandie

Bayeux, le 14 juin 1944. C’est un jour d’effervescence, une estrade est montée à la hâte. Le général De Gaulle vient d’accoster en Normandie, sa Jeep est entrée en ville : c’est ici qu’il prononce le premier discours de la Libération avec, à la fin, une foule qui clame la Marseillaise et renoue avec son Histoire. C’est à Bayeux, nouvelle capitale de la France Libre, que le pays renaît. Après la guerre, un musée sort de terre à quelques encablures du lieu où s’est tenu le mythique discours : le musée de la Bataille de Normandie.

Quatre-vingts ans plus tard, le 7 octobre 2024, ce même musée accueille une exposition (« We did what we could ») sous l’égide de Médecins Sans Frontières, qui dénonce « la guerre que mène Israël contre les hôpitaux » sur la bande de Gaza. La commissaire d’exposition est Clothilde Mraffko, journaliste connue et dénoncée depuis longtemps pour sa proximité avec les médias islamistes. Comment la ville de Bayeux − symbole de la fin d’une guerre qui a vu périr près de six millions de Juifs, lieu de mémoire de notre pays, nécropole des forces alliées − a-t-elle pu devenir la terre d’accueil d’une propagande islamiste et antisioniste, à la date anniversaire du plus grand pogrom antisémite depuis la Shoah ?

Au commencement, le prix Bayeux Calvados-Normandie

Créé en 1994, à l’occasion du 50e anniversaire du Débarquement, le prix Bayeux Calvados-Normandie  récompense le précieux travail des reporters de guerre : une mise en lumière de leur exercice professionnel périlleux avec, à la clé, une enveloppe financière répartie dans une dizaine de catégories (photo, presse écrite, radio, télévision…). Les reporters de guerre sélectionnés en 1994, l’année de la première édition, couvrent principalement le conflit de Bosnie-Herzégovine et le siège de Sarajevo. En 2024, soit trente ans plus tard, sur les dix prix attribués, six sont consacrés à Gaza (dont trois remis au seul Rami Abou Jamous, nous y reviendrons) ; trois à l’Ukraine ; le dernier prix (Prix du Comité de Débarquement) est consacré à l’histoire de Sara, une petite Irakienne morte écrasée dans un canot surchargé de migrants qui tentaient de traverser la Manche.

Sur les six reporters qui se sont illustrés pour leur couverture médiatique du conflit israélo-palestinien, aucun journaliste israélien ; soit un prix qui ne choisit de récompenser qu’une seule vision de la guerre. Parmi les heureux élus gazaouis, nous retrouvons le journaliste Rami Abou Jamas, le fondateur de l’organe de presse GazaPress (qui, officiellement, fournit « aide et traduction » aux journalistes occidentaux) et journaliste notoire du média Orient XXI − un média fondé par Alain Gresh, un ex-cadre du Parti Communiste, pro-palestinien et proche de Tariq Ramadan.

Le 15 octobre, une intervention d’Abou Jamas sur France Inter – avec une prise de parole accompagnée d’un refus de condamner publiquement les actions du Hamas, après le pogrom du 7 octobre – a suscité un tollé tel que Radio France a été saisi d’une procédure de médiation[1]. Pour ses trois prix Bayeux Calvados-Normandie, Rami Abou Jamas a réussi le tour de force de récolter la coquette somme de 18.000 € aux frais du contribuable normand.

Le photographe de l’AFP Mahmud Hams, de son côté, fait partie de la garde rapprochée du Hamas. Le 2 août dernier, il accompagne Zaher Jabarin – un membre haut placé du Hamas, responsable de la section du Bureau des Martyrs, auquel on doit l’idée novatrice d’avoir relancé la la stratégie des suicides à la bombe auprès des membres de la milice – dans la couverture des funérailles d’Ismaël Haniyeh, ex-chef du Hamas. Dans la même période, un collègue de Mahmud Hams, Loay Ayyoub, devait lui aussi recevoir un prix pour son travail de photographe (« Le Visa d’Or de la ville de Perpignan Rémi Ochlik ») : le maire de Perpignan, Louis Aliot, a refusé (sans doute, avec sagacité) de lui remettre ce prix, jugeant cette cohorte de photographes trop proches du Hamas. Visiblement moins regardant, le Comité du prix Bayeux Calvados-Normandie accorde en revanche à Monsieur Hams les éloges du prix Nikon ainsi qu’une récompense de 7000 € – là aussi, grâce à la participation financière du contribuable normand, qui se retrouve bien malgré lui à devoir financer le tiroir-caisse d’un artisan de la propagande médiatique du Hamas.

Médecins sans Frontières, le Hamas et l’extrême-gauche
Nous l’avons dit, cette exposition s’est tenue sous l’égide de Médecins Sans Frontières, une ONG dont la proximité – voire, la complicité – avec le Hamas est un secret de polichinelle. Alain Destexhe, ex-secrétaire général de MSF, dénonce depuis longtemps ses dérives : en 2023, il publie un rapport de quarante-sept pages[3] sur les coulisses de Médecins Sans Frontières. On y retrouve, entre autres, les preuves que MSF participe à la diffusion de fake news sur Israël (telle que l’attaque supposée sur l’hôpital Ahli Arab, démentie depuis), le refus de condamner le pogrom du 7 octobre et de l’apologie du terrorisme, avec des cadres de l’ONG qui justifient les actions du Hamas. Comme l’explique Alain Destexhe : « Dans sa communication, MSF a failli à son rôle humanitaire et à sa propre charte. Comme des otages sont passés par l’hôpital Al Shifa, se pose la question d’une éventuelle complicité de personnel de MSF avec les auteurs d’actes de terrorisme. Comme il y a des otages français et américains, la justice de ces pays devrait enquêter sur ces allégations. Médias et politiques devraient faire preuve de vigilance et vérifier les sources lorsqu’ils reprennent les accusations de MSF contre Israël.»

Début novembre, une enquête interne du Journal du Dimanche dans les locaux de Médecins Sans Frontières confirme les faits d’apologie du terrorisme – qui concerneraient, ce qui n’est pas minime, une cinquantaine de salariés – et que Rima Hassan, députée de La France Insoumise, faisait partie du Conseil d’Administration jusqu’en 2022. Ce reportage atteste, une fois de plus, de la partialité de l’ONG sur le traitement de la guerre israélo-palestinienne et de ses accointances avec l’extrême-gauche. Dans la même lignée, cette ambivalence se confirme au musée de la Bataille de Normandie : à aucun moment, sur le site Internet ou sur les panneaux de l’exposition, ne sont mentionnés explicitement aux visiteurs que le Hamas est un mouvement terroriste issu de la galaxie des Frères musulmans, qu’il fut élu à 65 %, par voie démocratique, grâce à la mobilisation des Palestiniens en 2005, qu’une grande partie de la population palestinienne apporte un soutien plein et entier aux terroristes du Hamas – y compris des médecins gazaouis, dont certains ont caché et même torturé des otages israéliens, en leur versant du chlore sur leurs blessures par balless<

Une mention spéciale pour Madame Clothilde Mraffko en tant que commissaire d’exposition : une journaliste militante antisioniste qui officiait dans la revue Middle East Eyes, financée par les Frères musulmans, avant d’être repérée et recrutée par Le Monde dont la littérature se fie aux témoignages de journalistes proches du Hamas et du Djihad.

Que rajouter de plus sur cette exposition indigne ? On en ressort le cœur au bord des lèvres avec une pensée pour les 20.000 Normands qui ont payé de leur vie le prix de la Libération, soit le tiers de la population civile qui fut bombardée par les Forces Alliées. Rappelons qu’en comparaison, le bilan des morts palestiniens (dont les chiffres, délivrés que par le Hamas, sont encore sujet à discussion à ce jour) s’élève quant à lui à 40.000 morts, dont la moitié de terroristes, soit un pourcentage de 1,9 % de la population ! On est loin du génocide prôné lors de l’exposition et encore plus loin du respect qui serait dû à nos aïeux, dont les tombes fleuries ornent toujours le cimetière de Bayeux.

Estelle Farjot

Clothilde Mraffko, commissaire de l’exposition contestée de Médecins du Monde 

 

Date de dernière mise à jour : 12/11/2024

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