Le 19 août 1944, c'est lui qui avait hissé le drapeau français place du Bourguet dans la ville libérée.
C'est une assistance fournie et recueillie qui a suivi la cérémonie officielle d'hommage à Nélianto Gérardini, le doyen (98 ans) des résistants du Pays de Forcalquier ce matin vendredi 13 février à 11 heures devant le monument aux morts de Forcalquier.
Nélianto qui faisait partie de la SAP (Section atterrissage et parachutage) du maquis des Hautes-Plaines à Mane durant la Seconde Guerre mondiale a disparu le week-end dernier.
C'est lui l'Italien, qui en 43 avait rejoint la Résistance locale et qui avait eu l'honneur de hisser le drapeau français le 19 août 1944, date de Libération de la ville. Parmi les nombreuses personnalités civiles, militaires, du monde des anciens combattants qui l'ont accompagné ce matin dans son dernier voyage, citons aussi la présence de Charles Alpin, 93 ans lui aussi résistant en pays de Forcalquier qui tenait fièrement un drapeau tricolore qui d'ailleurs recouvrait le cercueil de Nélianto.
Présents aussi, les sapeurs-pompiers, dont le défunt fut membre de la caserne locale plus de 30 ans, et les CM2 de l'école Espariat.
Sur les hauteurs de Forcalquier, le carillon entonnait pour sa part le chant des partisans.
Jean-Luc Icard

Nélianto Gérardini, héros de la Résistance
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L'arrivée des Américains à Forcalquier
Opération Dragoon
Le 15 août, les alliés lancent une offensive sur les côtes de Provence, sous le nom de "Opération Dragoon". Le débarquement a lieu sur les côtes varoises entre Saint-Raphaël et Cavalaire.
Les américains remontent vers les Alpes, alors que l'armée française de Libération a pour mission de libérer les ports de Toulon et Marseille.
Pour prévenir les résistants de cette opération, Radio Londres diffuse de multiples messages, dont Nancy a le torticolis ou encore Le chasseur est affamé.
La Libération des Basses Alpes
Le rôle de la Résistance dans la libération du département est capital, elle prépare le terrain aux alliés, comme en témoigne le Capitaine Allibert, dans ses mémoires.
La Task Force commandée par le général Frédéric Bates Butler arrive à Quinson et Riez le 18 Août. Le lendemain, les américains accompagnés de résistants montent sur Digne, avant de redescendre sur Forcalquier, Revest des Brousses, Banon et Saint-Étienne-les-Orgues.
La Libération de Forcalquier
Le samedi 19 août les américains arrivent de Digne par la N100, remontent l'avenue Saint-Promasse avant d'atteindre le Bourguet.
La Libération de Forcalquier se déroule sans combats, ni destructions. Le seul coup de feu tiré ce jour là est accidentel. Dans l'euphorie, une jeune fille, selon les témoignages, grimpe sur un char et appuie sur une arme par inadvertance. Madame Jane Coursin est touchée à la jambe.
Témoignage du Capitaine Allibert, responsable de l'armée secrète
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Le dernier résistant de Forcalquier est mort, vive la Résistance !
Le lundi 4 juillet 2016, 71 ans et 58 jours après la fin de la seconde guerre mondiale, le dernier Résistant connu de Forcalquier s'est éteint à l'âge de 93 ans. Georges Orgnon s'en va en nous laissant le souvenir d'un homme attachant aux yeux rieurs. Il aimait partager cette mémoire dont on dit, trop souvent banalement, l'importance qu'elle a pour les générations futures.
En janvier 2014, la ville de Forcalquier avait fait réaliser un petit film (à voir ci-dessous) sur les Hautes-Plaines à Mane, haut lieu de Résistance. Georges Orgnon était l'un des protagonistes de cette vidéo, au côté de Charles Alpin, villeneuvois, et Nelianto Gerardini, forcalquiéren également libérateur de Forcalquier, décédé en février 2015.
Georges Orgnon, comme Charles Alpin et bien sûr Nelianto Gerardini, laisseront un souvenir impérissable. Ce jour, là, l'espace de quelques instants, le temps s'était suspendu et l'air s'était chargé d'une incroyable mélancolie portée par ces trois hommes. Si simples et pourtant si extraordinaires.
Désormais, ceux qui furent, ici dans notre belle et chère cité comtale, les premiers porteurs de ce simple et puissant message de Résistance ne seront plus là pour nous le rappeler. Il tient maintenant à chaque Forcalquiéren de garder au cœur cet appétit pour la liberté, cette volonté de ne jamais céder aux sirènes de l'obscurantisme, quel qu'il soit.
Vive la France, vive la République et vive Forcalquier !