
Rima Hassan semble toujours avoir un coup d’avance dans la surenchère en termes d’agitation-propagande. Elle surclasse en cela ses petits camarades LFI, pourtant déjà très forts. On apprenait cette semaine, grâce à Europe 1 notamment, que la députée européenne avait participé à une conférence au titre évocateur : « Palestine ou Barbarie ? », conférence dans laquelle elle se prononçait, sans un battement de cils, pour un territoire palestinien allant « de la mer au Jourdain », c’est-à-dire, si l'on regarde la carte, pour l’éradication de l’Etat d’Israël. Cette semaine toujours, La France insoumise a publié une affiche de propagande contre Cyril Hanouna. Sur cette image retouchée, l’animateur a les traits déformés par la haine et ressemble à une affiche de propagande antisémite du régime nazi. Le député Raphaël Arnault, fiché S, a invité les islamistes du CCIE dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Rima Hassan ne pouvait pas laisser passer ça sans essayer de faire mieux.
Décolonialisme militant
Et le 12 mars, en effet, la députée européenne a annoncé sur X une conférence pleine de promesses, qu’elle organise au Parlement européen le 26 mars au soir : « Décoloniser les féminismes, nos corps, nos mémoires, nos luttes d’émancipation ». Tout un programme. Il ne va pas falloir traîner pour s’inscrire. Le texte publié en appui de l’affiche de cet événement dit (presque) tout : « Pour représenter les luttes de toutes les femmes après un 8 mars sous le signe de l’antiracisme, j’ai l’honneur d’organiser au Parlement Européen un évènement sur le féminisme décolonial ». Eh oui, c’est logique : les droits des femmes, les droits des anciens colonisés, l’antiracisme, tout ça c’est exactement pareil. On appelle ça la convergence des luttes. En d’autres termes, c’est une convergence parce que la cible est toujours la même : le cadre normatif du patriarcat blanc.
Un petit coup d’œil sur l’ordre du jour ? Rima Hassan s’en charge volontiers : « Nos participantes questionneront les luttes féministes passées et contemporaines et penseront des alternatives réellement émancipatrices pour toutes et tous ». En d’autres termes, les luttes féministes, jusque-là, n’étaient pas réellement émancipatrices, puisqu’il faut « penser des alternatives ». On note au passage l’emploi de ce futur : « penseront des alternatives ». La performance aura donc lieu en direct : elles penseront sous vos yeux, Mesdames…et Messieurs, puisque pour une fois ce n’est pas en « non-mixité choisie » que cette conférence aura lieu.
« Penser des alternatives émancipatrices »
On ignore évidemment ce que vont « penser » ces intervenantes, qui sont toutes des femmes (la parité, c’est quand il y a trop d’hommes), et il est peu probable que la rédaction de BV soit la bienvenue à cette réunion. Alors essayons d’apporter notre pierre à l’édifice dès maintenant. Des alternatives aux luttes féministes de Rima Hassan et ses amies ? On peut penser à l’interdiction universelle de l’excision, encore largement pratiquée en Afrique. On peut penser à l’interdiction des mariages forcés, singulièrement avec des jeunes filles mineures, qui est monnaie courante dans les pays musulmans du « Sud global ». On peut penser à l’émancipation des femmes, à leur droit de voter, à leur droit de disposer d’un compte en banque, autant de choses qui ne vont pas de soi dans les anciennes colonies de l’Occident. Ce ne serait peut-être pas très décolonial, mais ce serait un petit peu plus féministe. Mais peut-être le seul but de cette réunion est-il la critique de l’Occident, et pas du tout l’émancipation réelle des femmes ? Allez savoir.
Arnaud Florac