
Marine assure qu’elle va se battre pour que « la décision d’appel intervienne pour me permettre de me présenter à l’élection présidentielle »
Inégibilité de Marine : c’est la démocratie française qu’on assassine.
Quel est donc ce pays où le pouvoir ferme les chaînes de télévision qui ne lui plaisent pas et rend sa principale opposante inéligible ? Bingo : c’est la France de Macron. Que les honorables juges du tribunal de Paris et les honorables membres de l’Arcom aient été agi par Macron et ses séides ne fera l’ombre d’un doute que pour les jobards. On n’imagine pas une petite présidente d’un tribunal de première instance prendre de son propre chef une décision aussi chargée politiquement.
« Aujourd’hui, ce n’est pas seulement Marine Le Pen qui est injustement condamnée : c’est la démocratie française qui est exécutée« , a dénoncé sur X Jordan Bardella, le président du Rassemblement national qui appelle à une « mobilisation populaire et pacifique ». « Montrons-leur que la volonté du peuple est plus forte« , a-t-il lancé sur le réseau social, partageant un lien vers une pétition sur le site du parti à la flamme :
https://rassemblementnational.fr/petition/defendez-la-democratie-soutenez-marine
A l’heure où j’écris ces lignes, le site du Rassemblement national est inaccessible : 404 Not found… Saturé ou censuré ?
La candidature de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027 est compromise, sauf coup de théâtre lié à un raccourcissement substantiel des délais de la procédure d’appel. Le tribunal l’a reconnu coupable de détournement de fonds publics et l’a condamné à quatre ans de prison, dont deux ferme, à une amende de 100 000 euros et à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate. Le coup d’Etat que nous redoutions s’est donc produit :
Marine Le Pen a choisi de s’exprimer au JT de TF1 ce lundi 31 mars. Interrogée sur son départ précipité de l’audience avant que la décision ne soit rendue, Marine Le Pen a affirmé « avoir parfaitement compris que la magistrate était en train de rendre une décision politique ». Et d’ajouter : « Elle a très clairement assumé mettre en œuvre l’exécution provisoire de l’inéligibilité pour m’empêcher de me présenter à l’élection présidentielle. Il ne m’en fallait pas plus. J’avais compris ».
« L’État de droit a été totalement violé par la décision rendue, puisque la magistrate a empêché un recours. Elle considère que se défendre justifie l’exécution provisoire. L’État de droit, c’est le fait de se défendre », a poursuivi la triple candidate à l’élection présidentielle. En outre, Marine Le Pen a indiqué vouloir « faire appel le plus vite possible » car « nous sommes tous innocents ». Huit autres eurodéputés ont aussi été reconnus coupables dans cette affaire. Les douze assistants parlementaires poursuivis ont quant à eux été déclarés coupables de recel. Le parti est par ailleurs condamné à 2 millions d’euros d’amende, dont 1 million ferme.
« Des millions de Français sont indignés. En France, dans le pays des droits de l’Homme, des juges ont appliqué des lois d’un régime autoritaire. C’est un jour funeste pour notre démocratie, avec des millions de Français privés de leur candidate », a-t-elle poursuivi. Pour la patronne des députés RN, les juges de première instance « ont fait fi de toutes les applications » car dès les premières heures du procès « je savais que nous serions jugés de manière partiale ». Marine Le Pen demande « que la justice se hâte » pour rendre une décision en appel, mais craint que celle-ci ne la rende « trop tard ». C’est en effet dans l’intérêt du pouvoir…
Marine veut croire que l’appel va invalider le jugement de première instance. Elle affirme « croire en la capacité d’une cour d’appel à analyser ce dossier avec neutralité et assurer que nous n’avons commis aucun enrichissement personnel », et souligne ne pas compter sur une grâce présidentielle d’Emmanuel Macron, qui de toute façon ne pourrait intervenir qu’au terme des procédure d’appel et de cassation, donc bien après les présidentielles de 2017. Concernant les faits qui lui sont reprochés, elle certifie que « les règles [des députés parlementaires] étaient si claires que comme par hasard, toute l’opposition se fait reprocher cela : François Bayrou, Jean-Luc Mélenchon… Il ne fait pas bon d’être dans l’opposition dans ce pays ».
Interrogée sur une possible candidature de Jordan Bardella pour la remplacer en 2027, la députée du Pas-de-Calais assure qu’il est « un atout formidable pour le mouvement ». Toutefois, elle espère ne pas avoir à « user cet atout plus tôt que nécessaire » et va se battre pour que « la décision d’appel intervienne pour me permettre de me présenter à l’élection présidentielle ».
Henri Dubost